Archive pour août 2008

Campagne 2008, c’est parti!

Après une longue attente qui commençait à peser (cf. un précédent billet « le lièvre et la tortue »), Barack Obama a lancé hier la réelle campagne pour les élections du 4 Novembre. Offensif, précis, « down to earth » comme souhaité par ses nombreux partisans, il a dressé le portrait d’une Amérique qui donne à chacun sa chance, sait négocier sans concession et qui regarde résolument en avant. Beaucoup questionneront certainement les moyens financiers, économiques et humains d’une telle politique mais l’impulsion donnée hier répond aux interrogations précédentes. La parole est maintenant à John Mc Cain qui a été sérieusement mis en cause par son rival et est devenu le challenger. La campagne est encore longue. La French American Foundation France vous propose le 10 septembre prochain d’en examiner le champ et les principaux enjeux lors de sa conférence, THE CAMPAIGN, à la Sorbonne.

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Les enjeux de la guerre en Afghanistan

L’enlisement en cours en Afghanistan est la jonction d’au moins trois mouvements anciens et profonds. Ce pays multiple, de culture ancienne, croisement de civilisations diverses a montré à de nombreuses reprises – et notamment aux Britanniques et aux Soviétiques- sa farouche volonté d’indépendance. Il est pour beaucoup le point symbolique du mouvement Al Qaida lui-même d’une grande complexité. Son profond nationalisme ne s’appuie pas pour autant sur la force d’un Etat puissant et impartial. Enfin, il est un des lieux d’échanges et de fractures entre le monde occidental et le monde arabo-islamique.

C’est pour explorer ce dernier aspect que la French American Foundation France propose en décembre prochain le début d’échanges sur la fracture entre ces deux mondes qui s’opposent et coopèrent depuis des siècles  sur les plans culturel, religieux, économique et militaire. Comment expliquer ces oppositions ? Existe-t-il des éléments de rapprochement ? Quelles politiques imaginer pour dépasser les multiples impasses actuelles. La guerre en Afghanistan rappelle, qu’au-delà de la lutte contre les extrémismes toujours détestables, la connaissance, l’échange et le dialogue sont indispensables.

Obama et Mc Cain: le lièvre et la tortue?

Pour beaucoup d’Européens, Obama, qui va être consacré dans quelques jours candidat officiel du Parti Democrate, a déjà pratiquement course gagnée : il représente le renouveau, la recherche d’unité, l’arrivée d’une nouvelle génération qui va remplacer un gouvernement discrédité alors qu’il est peu d’exemples d’un même parti reconduit en pleine crise économique.

Et pourtant, l’avance d’Obama sur Mc Cain se réduit depuis juin, il est derrière les scores de John Kerry de juillet 2004 dans toutes les catégories d’électeurs sauf une et les avantages qu’il semblait pouvoir espérer dans les « swing states » semblent fragiles ou volatiles. Pourquoi ces scores si plats pour un candidat à qui, à lire la presse européenne, presque tout réussit alors que Mc Cain parait gaffeur et rétrograde?

Parce qu’au delà des grands discours charismatiques, Obama doit encore convaincre sur le plan pratique, sa  politique étrangère trop complexe et variable ne convainc pas encore, toutes les couches de la société américaine n’en ont pas fini avec le racisme et face a la crise qui s’installe, un homme plus âgé même peu familier avec l’économie inspire peut être davantage confiance: Bien entendu, la vraie campagne ne commence qu’après les conventions et les débats sont a peine engages mais l’incertitude est réelle, c’est pourquoi la French American Foundation France proposera t elle de nombreux débats a commencer par la conférence du 10 septembre a la Sorbonne.

Une situation délicate en Georgie

Cette guerre qui n’arrive pas encore à troubler la quiétude des vacanciers ou de les détourner des jeux olympiques pose quelques questions fondamentales :

Où est la cohérence entre le soutien de l’indépendance du Kosovo (majorité des pays de l’Otan) ou son refus (Russie) et celui de l’intégrité de la Géorgie (majorité des pays de l’Otan) ou le soutien à l’indépendance de l’Ossétie du Sud (Russie)?

Qui peut forcer les protagonistes à revenir à la table des négociations à un moment où les Etats Unis sont en campagne électorale ? Le test est important pour l’Europe des 27.mais aussi pour l’Otan qui avait accepté le principe de la candidature de la Géorgie.

A cette époque de mondialisation dite triomphante, le moment est dur pour les nations « composites » et beaucoup le sont. Leur éclatement se fera t il sur le modèle de la tragédie yougoslave ou du divorce tchéco-slovaque ? Les situations belge et géorgienne proposeront elles d’autres solutions ? Quelles conséquences pour la marche vers le « glocal » prévu par certains depuis des années ?

Ces interrogations montrent l’importance de débats que la French American Foundation-France essaie d’approfondir depuis des années : l’importance du dialogue et de la négociation, le choix de la diversité, la gouvernance…Ce qui se passe en Géorgie et les réactions provoquées dans la campagne électorale américaine et en Europe nous donne un devoir de poursuivre et d’approfondir ces questions.

Pourquoi la « venture philanthropy »?

La philanthropie fut longtemps un de ces domaines d’affrontement idéologique entre certains Français et certains Américains. Qui est le mieux placé, le plus légitime ou le plus efficace de l’Etat ou du privé  pour soutenir les arts et le développement économique et social ? Certes le mécénat soutenant les arts et les lettres eut longtemps ses lettres de noblesse mais cette fonction fut bientôt dévolue à l’Etat. L’opposition en ce domaine entre les pratiques françaises et américaines est importante mais finalement comme nous l’explique Frédéric Martel, les fonds destinés à l’intérêt général sont du même ordre. Aux Etats-Unis, la puissance publique apporte 7% des sommes destinées à la culture mais 43 % proviennent de fondations. En France, un pourcentage équivalent est apporté par la puissance publique. La différence d’apport se traduit par une plus grande décentralisation des décisions et sans doute une grande diversité des conditions d’interventions. Dans les deux pays l’intervention privée directe est restée importante.

En matière économique et sociale, l’intervention publique se réduit en France, et tend à regarder ce qui se passe aux Etats-Unis. Depuis quelques années s’y est développé la « venture philanthropie » combinaison des compétences managériales du venture capital, de la prise en compte des besoins nouveaux de la société (environnement, lutte contre la pauvreté, développement des pays émergents) et désir de ceux qui ont réussi de montrer leurs succès et d’en redistribuer une partie à leurs concitoyens. C’est ce monde que FAF France propose d’explorer dans les prochains mois.