Freddie Mac, Lehman, AIG et les autres…

Après avoir nié la gravité de la crise de l’été 2007 issue des défaillances de crédits immobiliers accordés anarchiquement et prétendu la limiter au secteur bancaire et immobilier américain, beaucoup s’émeuvent à présent de la gravité, de l’étendue et de la multiplication des bouleversements apparus en dix jours dans le monde bancaire et financier : la quasi nationalisation de Fanny Mae et Freddy Mac,.la faillite de Lehman Bros qui en prés de 160 ans d’existence avait survécu à de nombreuses crises, le rachat de Merrill Lynch dont le taureau a si longtemps symbolisé Wall Street (et dont le CEO John Thain est notre invité le 18 novembre), le passage d’AIG sous le contrôle de la Fed….(photo Reuters)

Le transfert de cette crise de l’économie « financière et virtuelle » à l’économie réelle est maintenant redouté par beaucoup, sans doute à juste raison. Sans prétendre entrer dans une analyse approfondie de la situation à un moment où de multiples interventions fort compétentes sont proposées, relevons quelques réactions émanant de nos divers contacts : dès septembre 2007, John Taylor Président de la National Community Reinvestissment Coalition qui suit le monde bancaire américain (et qui revient le 12 novembre) avertissait que la crise des subprimes pouvait entrainer de 1500 à 2000 Milliards de $ de dépréciations, chiffre qui semblait disproportionné mais d’où nous ne sommes plus éloignés.

Pendant des années et notamment lors des rencontres avec Bill Crist, alors Président de Calpers, certaines voix s’élevaient pour rappeler que « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel » et qu’il n’est pas raisonnable d’attendre indéfiniment des rendements de 20% alors que l’économie réelle progressait au mieux de 5% par an. Rappelons aussi avec Pierre Cahuc, qu’alors que la banque et la finance sont basées sur la confiance, nous sommes entrés dans une « société de défiance ». A présent que cette défiance s’est installée, que peut-il se passer ?

La campagne électorale américaine va traiter essentiellement d’économie. John Mc Cain va avoir de plus grandes difficultés à convaincre alors que l’effet Sarah Palin disparaît dans les derniers sondages. Un nouvel équilibre économique devra être trouvé sans qu’il soit possible de deviner dans quel délai. Relevons cependant que les dominos bancaires, financiers peuvent tomber mais l’économie réelle (qui représente 90% du PNB américain) garde de solides potentiels malgré la crise de certains secteurs importants (automobile, bâtiment). Une crise révèle aussi de nombreuses opportunités et il ne faut pas sous estimer la capacité de rebond de la société et de l’économie américains (illustrée par les profonds changements déjà engagés dans l’automobile… L’audace de l’espoir est plus nécessaire que jamais et la profondeur de la crise n’autorise pas pour autant à prolonger les courbes de déclin indéfiniment. Si les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, leurs racines ont aussi une limite.

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